Pierrot Faye

C’est au tour de Pierre Faye, dit Pierrot de  raconter Bourdeilles.Pierrot fut un jeune retraité, revenu au pays  après quarante ans passées à Paris. Il est conseiller municipal depuis 1971. Il a été de tous les mandats, dont celui qui vient de débuter : le mandat du maire Olivier Chabreyrou.

Il connaît l’histoire du café Suquet, dont le nom me trotte dans la tête depuis que j’ai rencontré le couple Mazeau. Le café Suquet est aligné dans la Grand Rue, et possède une entrée sur la place du Donjon. Cela donne du relief à cette place,où les toits,  alignés Grand-Rue, rivalisent d’anarchie côté Donjon :  pas un seul d’entre eux n’est à la même hauteur…

Suquet est de ces patronymes qui sonnent bien. Ils éveillent des sensations, évoquent des images, bien qu’on les entende pour la première fois. Ce nom est odorant, presque savoureux. Le bar en question  était tenu par une sage-femme. En ces temps les gens avaient plusieurs métiers : surtout les femmes, moins payées, moins employées pour des tâches autres que domestiques. Une des premières femmes du village à travailler à salaire égal avec un homme, à tenir un poste de cadre, fut sans doute la grand-mère des enfants  Halbout du Tanney. Elle fut receveur des postes à Bourdeilles au début du XXeme siècle. Le bureau de poste se tenait dans la  maison familiale  des Halbout de Tanney-de Laurentis,  faubourg-Notre Dame. Cette maison  est maintenant  devenue la  maison Mahy. La poste était à la pointe du progrès social en ce début d’ère industrielle. Aujourd’hui elle ferme des bureaux, dont les encours financiers suffirait à payer deux salaires à temps plein. L’agence postale se trouvait face à la boulangerie, curieusement ornée d’une enseigne « coopérative ». Par la suite, on la retrouve dans le bâtiment mairie.

Madame Halbout du Tanney, issue de la petite noblesse campagnarde, épousa un gentilhomme de son rang. A cette époque, comme dans les livres de Jules Verne, les télégrammes étaient transmis en morse. La petite fille de la postière, se souvient du bruit du télégraphe électrique dans la salle qui servait de guichet.

Madame Suquet, la dame sucrée, partageait son temps entre son débit de boissons et ses accouchements. Elle se faisait parfois aider par la mère de Roger Mazeau, la couturière, avant que cette dernière ne fasse l’acquisition du bistro voisin : le café de la Halle. La maison Suquet servit ses derniers clients deux ans après la deuxième guerre mondiale. Le billard du village, qui occupait une partie de la salle, prit sa retraite avec sa propriétaire. La femme-sage, qui se tenait à la pointe de l’actualité, remplaça les lumières des clients par les ampoules de la radio, éplucha les  gros titres des journaux, plutôt que d’y éplucher les pommes de terre. Elle mourut savante et abandonna le café Suquet à ses deux filles. L’une d’elle fit un saut de puce dans l’alignement des maisons, et acheta le logis attenant au café de sa mère.

L’établissement Suquet appartient aux petites filles de la dame sucrée, dont une épousée a anobli la maison par l’ajout d’une particule. Le café sucré est devenu la maison de Gigounous…

Paul Mercusot

5 responses

2 05 2009
suzanneholland

Un grand merci à ceux qui documentent ce blog par leurs commentaires.

1 05 2009
Guy Latgé-Suquet

Marthe Suquet était ma grand-mère. Né en 1870, à Saint-Martial de Valette, près de Nontron, elle est décédée en 1970 dans sa centième année, comme sa fille, Edith Latgé-Suquet, ma mère. Marthe était la sage-femme de Bourdeille après avoir passé le brevet-élementaire, chose rare pour une femme à la fin du XIXème siècle.
Marthe Suquet avait épousé Joseph Suquet, menuisier-ébéniste, descendant d’une vieille famille de Bourdeillais : mes recherches m’ont (pour l’instant) conduit à Jérome Suquet, décédé en 1791, à Bourdeille ! Au moins sept générations de Suquet n’ont jamais quitté Bourdeille ! Ils étaient souvent tisserands, comme nombre de Bourdeillais des siècle passés. Mais c’est une autre histoire…

11 03 2012
Gaultier

Monsieur,

Il y a avait il un ébéniste du nom de Suquet et ayant un prénom commençant par E. dans cette famille ?
En effet, je recherche un ébéniste travaillant vers la fin du XVIIIème siècle (1780-1790) qui estampillait avec son initiale et son nom.
Cordialement votre.
Th. Gaultier

27 03 2012
paulmercusot

Bonjour
je ne suis pas remontée aussi loin; Il faudrait peut-être demander à la mairie de Bourdeilles. 0553037313

3 04 2013
Guy Latgé

Jérôme Suquet, mon grand-père (1870-1944), époux de Marthe, était ébéniste à Bourdeille. Son premier prénom était François. E ?

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