Jean-Michel Galatrin, peintre de Bourdeilles

Jean-Michel, né à Périgueux, est amoureux de Bourdeilles depuis son enfance. De mille neuf cent cinquante-huit à soixante, il était en convalescence à La Faurie, un hameau du village. Il y vivait  avec  ses grands-parents. Son grand-père l’initia à la nature, et la nature l’initia à la lumière. Il est vrai qu’elle sait jouer sur ocres des pierres, caracoler sur les feuilles, qu’elle rend le vert des prés aussi éblouissant que l’or de la rivière, quand le soleil y dépose ses rayons… Jean-Michel ne savait pas encore qu’il deviendrait peintre, mais avait déjà un talent indéniable pour le dessin. Les couleurs sont venus ensuite habiller les croquis. Jean-Michel, comme le peintre Dessalles-Quentin, brosse  la Dordogne.

Il s’est installé sur le pont en mille neuf cent quatre-vingt quinze, dans une maison qui appartient au propriétaire du moulin.

Dans les années soixante, ce moulin s’appelait Mariette  Bunle, avant qu’elle ne le vendre à un australien, qui le céda à un allemand. Le moulin est devenu Kirtzner,  un gîte réputé pour les touristes d’outre-Rhin. C’est ainsi que, parmi nos anglais, se glissent quelques allemands dont les syllabes gutturales viennent se mêler aux accents sophistiqués de nos  cousins d’ outre-manche. Jean-Michel est un des premiers artistes installés dans le village, à vivre de son art. Depuis quelques années d’autres ateliers se sont ouverts, comme celui  de Laurence Cappelletto, sculpteur et  celui  de Laurence Verger peintre  -  tisserand.

L’atelier de Jean-Michel s’ouvre sur le pont à bec médiéval, ce qui fut une trouvaille. Le circuit touristique passe par cette incontournable lieu de  promenade, où les regards ne peuvent qu’apercevoir ses  toiles par la porte ouverte.  La curiosité mène naturellement vers les  deux marches qui descendent  vers sa salle d’exposition. Jean-Michel s’est imposé une discipline de fer : il fait le chemin de son atelier à la Faurie tous les jours. Ce qui représente presque dix kilomètres de marche. Chaque promenade est un pèlerinage vers ses images  d’enfant : ce chemin, il le faisait tous les jours avec son grand-père, vers la source qui coule dans le lavoir des Francilloux. Des eaux fortes qui lui inspirent mes siennes. Ce chemin,  bordé feuillus, fait jouer la lumière dans les frondaisons, sur les prés moussus,  les pierres qui garnissent d’anciens murets. Si ce chemin était odeur, il serait cannelle.

 Si ce chemin était bruit, il serait celui du vent qui murmure sur les cimes. Le sentier  chemine devant le château de Monsieur Rabier de Meyjounas, construction baroque  qui pointe ses  deux petites tours, avant de grimper dans la forêt.   Jean-Michel se souvient du Montamat, tout proche de l’orphelinat des Memis, de son oncle et de sa tante. Aussi haut que large, « boncoeur », l’oncle, avait épousé une  petite femme au chignon soigneusement édifié. Elle avait été cuisinière dans « les grandes maisons » et en gardait le raffinement vestimentaire et culinaire. Ses deux là, aussi opposés que l’ours et la gazelle, s’aimaient de tout leur quotidien paysan. Leur amour rayonnait si fort que la famille venait invariablement s’asseoir à leur table tous les dimanches.  Jean-Michel ne faisait pas que déguster : il regardait. Les plats étaient aussi bons que beaux, présentés comme on les sert dans les grandes familles…

 Paul Mercusot

                                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une réponse

19 02 2009
mattenet jean pierre

Je suis Monsieur MATTENET JEAN PIERRE ami d’enfance de Michel et je cherche à le joindre depuis très longtemps, et espère pouvoir le contacter vivement.
Mes coordonnées :
Mattenet Jean Pierre :tél portable :06 80 02 42 06
domicile : 05 55 84 76 93

Merci de me répondre.

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